Delphine, Référente Handicap, répond à 6 idées reçues sur le handicap au travail

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Delphine référente handicap répond à 6 idées reçues

L’inclusion du handicap a toujours été considéré comme un sujet important au sein de notre Coopérative. Depuis maintenant 3 ans, nous avons renforcé notre politique d’inclusion afin de toujours mieux accompagner les collaborateurs confrontés à une situation de handicap ou de santé.

Ce travail nous a notamment permis de déployer :

  • une charte globale d’accompagnement des collaborateurs face aux aléas de la vie.
  • un ensemble d’outils de sensibilisation et de prévention pour mieux comprendre le handicap au travail (leaflet, webinaires, etc.).

Au fil des échanges concernant le handicap, un constat s’est imposé : certaines idées reçues reviennent régulièrement et peuvent freiner les démarches ou dissuader des collaborateurs de demander de l’aide.

C’est pour cela que l’un des rôles de Delphine Marin, référente Handicap, est d’informer et de sensibiliser les collaborateurs sur le handicap grâce à des ateliers, conférences, animations, etc.

Elle nous partage ainsi son expérience à travers les situations qu’elle rencontre au quotidien, revient sur les questions les plus fréquentes et les réponses que nous apportons au sein de notre entreprise.

❌ “Le handicap est forcément visible”

Au fil des accompagnements, nous constatons que beaucoup de collaborateurs associent encore spontanément le handicap à une situation visible.

Pourtant, les situations que nous rencontrons sont très diverses. Certaines sont liées à une maladie chronique comme par exemple le diabète, d’autres à des troubles cognitifs comme la Dyslexie, ou bien des troubles psychiques ou sensoriels et ne se voient pas au premier regard.

Cette réalité explique pourquoi il est parfois difficile pour les personnes concernées de faire comprendre leurs besoins. C’est aussi pour cela qu’il est important de ne pas tirer de conclusions sur ce qui est ou non un handicap. Pour rappel, En France, environ 80 % des handicaps sont considérés comme invisibles, touchant donc près de 10 à 12 millions de personnes.

Source : info.gouv.fr

❌ “La RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) est réservée aux handicaps lourds”

C’est une idée reçue que nous entendons régulièrement. Beaucoup de collaborateurs pensent que leur situation n’est “pas assez grave” pour demander une RQTH. Dans les faits, ce qui compte avant tout, c’est l’impact de leur situation sur leur activité professionnelle.

Lorsque des questions se posent, notre rôle est d’écouter, d’informer et d’orienter les collaborateurs vers les bons interlocuteurs afin qu’ils puissent évaluer leur situation en toute sérénité. Si la situation au travail a un impact sur l’activité, la RQTH peut aider.

Avant de déposer le dossier, en tant que référent, nous leur conseillons d’en parler à leur médecin traitant et au médecin du travail. Ils les aideront à identifier les besoins et à préparer la demande.

❌ “Demander une RQTH peut freiner ma carrière”

Cette inquiétude revient souvent lors de nos échanges avec les collaborateurs.

Nous rappelons systématiquement que la RQTH est une démarche personnelle et confidentielle. Chaque collaborateur reste libre d’en informer ou non l’employeur.

Lorsqu’un salarié choisit de partager cette information avec nous, cela nous permet surtout d’étudier, avec lui, et le cas échéant avec les managers et les partenaires extérieurs, les solutions les plus adaptées à sa situation si un besoin d’accompagnement ou d’aménagement se présente (horaires aménagés, matériel adapté, organisation de travail ajusté, accompagnement personnalisé).

❌ “Je dois me débrouiller seul”

C’est sans doute l’idée reçue que nous avons le plus à cœur de déconstruire aux travers de nos actions de prévention.

Notre expérience montre qu’aucun collaborateur ne devrait rester seul face à ses difficultés. Au sein de La Coopérative, nous avons mis en place un accompagnement avec des référents, des ambassadeurs en région et des partenaires spécialisés pour orienter les collaborateurs selon leurs besoins.

Nous organisons également des permanences qui leur permettent d’obtenir un 1er conseil et proposons différents dispositifs d’accompagnement afin que chacun puisse trouver les réponses adaptées à sa situation.

De plus, nous proposons à nos collaborateurs un certain nombre de mesures d’accompagnement tels que des absences autorisées et rémunérées pour le temps passé à mettre en place leur RQTH.

Ces dispositifs sont présentés et expliqués dans notre charte d’accompagnement face aux aléas de la vie liés à la santé.

❌ “Je dois forcément en parler à tout le monde”

Certainement pas, en tout cas pas au sein de notre Coopérative. Les collaborateurs choisissent librement s’ils souhaitent évoquer leur situation et avec qui ils souhaitent le faire toujours dans le respect des règles liées à la protection des données à caractère personnel.

Notre rôle est avant tout de créer un climat de confiance. Lorsqu’un collaborateur décide de nous en parler, nous pouvons alors réfléchir ensemble aux solutions qui pourraient faciliter son quotidien professionnel.

❌ “Mon poste ne peut pas être adapté”

Au fil des accompagnements, nous constatons qu’il existe souvent davantage de solutions qu’on ne l’imagine.

Chaque situation est différente. Selon les besoins, il peut s’agir d’une adaptation du matériel, des horaires, de l’organisation ou encore de l’environnement de travail.

L’objectif n’est jamais d’appliquer une solution standard, mais de rechercher, avec le collaborateur et les acteurs concernés, la réponse la plus adaptée. Nos partenaires extérieurs tels que Cap Emploi et Agefiph nous accompagnent sur les demandes d’aménagement.

Le bon réflexe, ce n’est surtout pas de renoncer.
C’est de chercher ensemble la bonne solution.

Le premier pas c'est d'en parler

✅ “Le premier pas, c’est d’en parler”

Si je devais donner un conseil, ce serait celui-ci : « Parler de sa situation n’est pas un aveu de faiblesse. C’est souvent le point de départ pour un meilleur accompagnement. »

Beaucoup de collaborateurs hésitent à demander de l’aide par peur d’être jugés, de déranger ou parce qu’ils pensent devoir gérer seuls leur situation. C’est pour cela que nos communications de sensibilisation et nos actions de prévention ont pour objectif de libérer la parole et faciliter les échanges avec nos référents et ambassadeurs.

Et lorsqu’ils franchissent ce pas, nous pouvons les écouter, les orienter et construire avec eux un accompagnement adapté lorsque cela est nécessaire.

Il en est de même pour nos candidats : lors des entretiens d’embauche, il n’est pas toujours facile pour eux d’évoquer le sujet, c’est pour cela que nous avons également sensibilisé nos recruteurs. Cela permet au candidat de savoir qu’il existe une politique inclusive au sein de La Coopérative et de considérer que le handicap n’est donc pas une discrimination à l’embauche.

En parler c’est aussi :

  • Pouvoir obtenir des aménagements du poste de travail, des horaires ….
  • Désamorcer les malentendus en expliquant aux collègues certaines absences ou pauses plus longues, surtout dans le cas d’un handicap invisible.
  • De ne pas rester seul face à la difficulté

Oser en parler, c’est déjà avancer.

Nous sommes convaincus qu’en écoutant, en accompagnant et en orientant nos collaborateurs, nous pouvons contribuer à lever certains freins et favoriser un environnement de travail toujours plus inclusif. Si ce contenu permet à une seule personne d’oser poser une question ou de demander de l’aide, alors il aura déjà atteint son objectif.

Pour en savoir + :

Agefiph : Association pour la gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées

MDPH : Maison départementale des personnes handicapées

Cap emploi

Mon parcours handicap